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Les interviews de Marion

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Les interviews de Marion
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10 janvier 2013

INTERVIEW ORELSAN [ FÉVRIER 2012 ]

 

«  J’essaie d’être un mauvais un peu gentil »

 

Après deux ans d’attente Orelsan revient sur les devant de la scène avec un deuxième opus, Le chant des Sirènes. Lors de son concert à l’Autre Canal en février dernier, j’ai eu la chance de rencontrer ce rappeur aux paroles reflétant le mal être de notre société.

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Comment s’est passée l’écriture de votre nouvel album ?

C’est assez dur. Souvent, dans la musique les deuxièmes albums sont plus difficiles car on n’a plus la fraîcheur que l’on avait avant. Dans le premier, tu amènes un bout de toi, et sur le second il faut trouver le moyen de se renouveler tout en plaisant aux personnes qui ont aimé le premier. 
J’ai fait beaucoup de morceaux et j’en ai jetés beaucoup. Il y a eu deux ans entre mes deux albums. Pendant un an je n’ai presque rien fait, mais j’ai surtout fait mûrir le projet.


Pourquoi Le chant des sirènes comme nom d’album ?

C’est d’abord le titre d’une chanson qui parle de tentation, du fait de changer de vie, d’être dans le milieu du show business et d’avoir de la notoriété. Tout cela change une personne. Il y a des tentations assez difficiles à gérer. Mais aussi parce que je suis dans une période de ma vie où je ne suis plus un « djeun’s ». Enfin… je suis encore jeune mais je ne suis plus un « kid », et je ne suis pas vieux non plus, donc je pense qu’il faut faire des choix. Soit je garde les mauvais réflexes que j’ai eu jusqu’à maintenant, soit je change et tente de trouver le juste milieu. C’est ce que j’essaie : être un mauvais un peu gentil. Mais il y a beaucoup de tentations.

 

Quels sont ces mauvais réflexes ?

C’est un peu de tout : savoir s’investir dans son couple, l’alcool… Mais c’est aussi une philosophie. J’ai l’impression que l’on grandit avec pleins de rêves en tête et on essaie tout le temps de s’amuser au maximum, de fuir les responsabilités et puis d’essayer d’aller voir toujours plus loin. Au final, tout cela est lié aux mauvais réflexes. C’est plein de choses, c’est à la fois l’addiction et les conneries que l’on peut faire.
Par exemple, surfer sur internet et à côté ne pas lire, ne pas s’intéresser à tout ce qui se passe dans le monde. Ce sont des choses importantes. A un moment, tu arrives à un âge où tu n’as pas envie de devenir con. Et puis l’addiction c’est quelque chose d’hyper contemporain pour nous. J’ai l’impression que l’on vit dans une période où il n’y a jamais eu autant d’addictions.

 

Pourquoi avoir déménagé à Paris il y a quelques mois ?

Quand tu habites à Caen, pour la musique et les rencontres ce n’est pas pratique. Et je n’ai pas une notoriété assez grande pour ne pas être là. Je suis encore obligé de faire des promos. Je rencontre aussi beaucoup d’artistes, chose qui m’arrivait peu avant. J’aime le changement. Après je ne suis pas parisien, ça ne fait qu’un an que j’y habite. Pour moi, la vie c’est Caen. C’est con à dire mais je suis habitué à mettre cinq minutes pour aller n’importer où, à ce qu’il n’y ait personne dans la rue après 23 heures…

 

Dans vos chansons, justement, ça se remarque que vous restez très attaché à votre ville natale, Caen.

J’en parle beaucoup dans mes textes parce que c’est une question de contexte. Je pense que l’on n’a pas la même vie quand on habite en province ou à Paris, dans le Nord-Ouest ou dans le Sud-Est. Du coup, je parle de Caen pour recentrer l’histoire comme si je racontais celle de la petite marchande d’allumettes. C’est aussi pour bien que l’on comprenne pourquoi je dis certaines choses. Quand je parle de soirées, ce n’est pas comme à Paris, c’est plutôt des soirées où tu vas dans des boites de nuit pourries parce que tu n’as pas le choix….C ‘est plutôt ce type de vie que je connais.

 

Est-ce que vos nouveaux amis artistes vous ont influencés pour ce deuxième album ?

Oui, un peu. Enfin, il s’est surtout passé un déclic entre le premier et le second album. Tout le temps que j’ai fait mon premier album, je ne me voyais pas comme un écrivain, comme un artiste ou comme un pro. A force, je me suis rendu compte que j’étais chanteur, que c’était mon métier. Écrire des textes c’était ce que je faisais et donc quand je rencontre un autre chanteur, artiste ou écrivain, il y a forcément des points communs quand je discute avec. Au final, j’utilise dans mes textes des figures de style, des codes… Avant de partir en tournée, je me suis dit que ça serait bien de savoir comment ça marche donc j’ai pris quelques petits cours de chant, pour gérer ma respiration.

 

«  Raelsan »  c’est quoi, c’est qui ?

A la base, c’est une blague. Des fois on me dit : « Il faudrait savoir, Orelsan, Raelsan….Qui es-tu ? » C’est ironique parce que c’est une allusion directe à Raël, un célèbre gourou. J’ai dit Raelsan car on m’avait souvent attribué le fait de dire des conneries, qu’il ne fallait pas mettre ma musique entre toutes les oreilles et que je pouvais influencer la jeunesse. Donc, j’ai dit : « Bah oui, j’ai joué le gourou pour rigoler ». Mais c’était vraiment juste le titre de la chanson. Quand on a fait le clip on a créé le personnage. Au début, on avait mis un masque. Plus comme accessoire de mode que comme signe distinctif de super héros. On s’est dit, il y a pleins de rappeurs qui ont des lunettes de soleil et c’est cool, car c’est un style. Mais on voulait trouver une alternative. Ça a été ce masque. Ensuite, on a rajouté des effets spéciaux et c’est ainsi que le personnage de Raelsan est né.

 

Dans « Le chant des sirènes » vous dites : « Cette époque où j’étais perdu d’avance… ». 
Vous êtes plus optimiste maintenant ? 

J’essaie. Et c’est vrai que ce serait hypocrite de surfer sur le même thème. C’est ce que je racontais dans mon premier album mais après j’ai toujours ce côté défaitiste. J’essaie d’être optimiste mais mon naturel est quand même méga pessimiste. Mais bon, je ne suis plus perdu d’avance. Quand je suis dans une pièce, les personnes m’écoutent en général, ce n’est plus du tout comme avant. Quand je disais « perdu d’avance » il y avait le côté rigolo, fun mais aussi le côté où ça m’énervait vraiment.

 

Plus rien ne vous étonne ?

A vrai dire, je n’en sais rien. Quand je dis plus rien ne m’étonne je ne dis pas ça dans le sens un peu réac’ c’était mieux avant, maintenant c’est pourri. Je vois plus ça dans le sens où tout peut arriver et donc plus rien ne m’étonne. Car je pense que psychologiquement nous sommes prêt à voir arriver des extraterrestres, je ne trouverais pas ça fou. On est dans une période d’inventions, de nouvelles technologies, donc ça changes nos vies en permanence. J’aime bien tout cela car je n’ai pas envie de retourner à une période où internet n’existait pas. Il y a des progrès partout donc je pense que nos vies sont mieux mais par contre nous développons certaines pathologies bizarres.

 

Est-ce que «  Double vie » et « Finir mal » sont des chansons autobiographiques ?

Pas vraiment. Ça ne m’est pas arrivé comme dans les chansons. Mais je connais l’adultère et la rupture. C’est plus intéressant de mélanger réalité et fiction dans mes chansons. J’aime bien. En plus, quand on ne sait pas trop quand s’arrête la limite.

 

L’adolescence a été un moment difficile dans votre vie, cela vous permet d’évacuer, de parler de cette période de votre vie dans vos chansons ?

Oui, carrément. Au début, non, je rappais pour le sport et plus ça allait plus ça me permettait d’évacuer. Maintenant, c’est vrai que c’est agréable, ça me permet de prendre du recul sur certaines situations, de les retourner dans tous les sens, c’est important. D’ailleurs je me rends compte que la musique au-delà d’en faire pour un public, ça apporte beaucoup personnellement. C’est toujours bien d’écrire sans aucune ambition.

 

Dans « La terre est ronde », vous dites que l’on se sent toujours mieux à la maison. C’est quelque chose que vous ressentez toujours ? 

C’est une métaphore. Ça ne sert à rien d’aller chercher ailleurs, c’est bien de revenir sur ses bases. Que ce soit justement pour parler d’adultère, au bout d’un moment, à multiplier les conquêtes, ça n’apporte pas grand chose. C’est aussi bien de le faire, mais il y a un moment où tu as envie de rentrer à la maison.
C’est une forme de maturité mais en même temps c’est des choses que l’on sait, que tout le monde te dit, c’est connu mais tant que tu ne l’as pas testé, ce n’est pas pareil. Et c’est bien de rappeler les bases et de se vider le cerveau de tout ce qui nous embête.

 

« Suicide sociale » a pour but de dépeindre ou de dénoncer notre société ? 

C’est un mélange. Déjà, le but quand je fais une chanson c’est qu’elle soit bonne. Après le reste, c’est plutôt des moyens que des fins. Je ne fais jamais une chanson en me disant que je vais allumer quelqu’un. « Suicide social »c’est plutôt quand tu as la haine et que tu es ultra négatif tu peux te sentir oppressé. Pour moi la société française est organisée de façon assez communautaire. Tu peux vite te voir d’un œil noir. C’est aussi pour cela qu’il y a beaucoup de racisme. Je sais qu’il y a des choses que je dis qui me sont déjà passé par la tête. Tout ce que je dis dans cette chanson ce sont évidemment des clichés. Car à partir du moment où tu parles de personnes en groupe, c’est faux. C’est aussi pour le côté « je m’en prends à tout le monde et puis je me fous en l’air ».

 

« Elle viendra quand même » est une chanson qui évoque la mort. C’est angoissant pour vous ? 

Grave, à fond. D’ailleurs j’oublie tout le temps cette chanson. Avant je ne me posais même pas la question de mourir ou pas, je n’en avais rien à foutre. Ça ne me passait pas par la tête et maintenant que je suis heureux, que tout est cool, il faut que je trouve un moyen d’être moins heureux. J’y pense assez souvent, comme beaucoup de personnes et c’est évidemment assez stressant.

 

La polémique de « Sale pute » vous a plutôt servi ou desservi ? 

Sur le coup, ça m’a vraiment desservi parce que ça m’a annulé la moitié de la tournée. Quand tu fais un album et que tu pars pour la première fois en tournée et que l’on te dit qu’il y aura des dates annulées, ce n’est pas cool. Et puis, on m’a retiré les disques des bacs, c’était de la super mauvaise pub. Cette polémique a tellement été pleine de mauvaises fois avec des associations et des personnes qui ne cherchaient pas à comprendre.
Donc ça m’a porté préjudice pour ma carrière au début et puis comme l’album a été bien reçu, et que l’on a bien réussi à faire du mouvement autour, le public a commencé par se dire qu’il s’était trompé à mon sujet. Ça a eu l’effet inverse, car je suis devenu le gars sur qui on s’est trompé.


                                                                                           Marion Gatinel

                                                                                            

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10 janvier 2013

INTERVIEW CLAIRE KEIM [ JANVIER 202 ]

Claire Keim : «  Je ne vis pas en mode gossip »
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Claire Keim, chanteuse, nous parle de son premier album « Où il pleuvra » dans les bacs depuis 1 an. Et, c’est en tournée qu’elle défend au mieux cet album très personnel.

pochette claire kem

 

A quel âge avez-vous commencé le chant ?

J’ai toujours chanté en participant à la chorale de mon école. A l’adolescence, vers 12 ans, j’ai rencontré un copain et on chantait à chaque soirée entre jeunes, autour d’un feu de camp. Ensuite, il m’a proposé de l’accompagner dans un cabaret deux fois par semaine : le mercredi et le samedi. Maintenant il est devenu prof de chant. Je pense qu’il m’a transmis le don qu’il avait. Il m’a fait connaître le répertoire français et c’est grâce à lui que j’ai chanté.

 

Vous jouez du piano depuis longtemps ? 

A 7 ans j’ai commencé le piano, grâce à mes parents. Je faisais aussi du solfège, ce qui m’est très utile aujourd’hui. Le piano familial nous accompagnait dans notre quotidien. J’ai toujours été baigné dans un univers musical. Comme je n’avais pas de télévision, j’avais donc plus de temps à consacrer à la musique donc à créer.

 

Combien de temps avez-vous mis à confectionner votre album ?

8 ans se sont écoulés. Cet album est un mixe de chansons récentes et d’autres plus anciennes. C’est la réunion de pleins de moments musicaux de ma vie. Pour moi, je ne vois pas la musique comme un travail, c’est un moment de liberté et c’est comme ça que j’ai pu m’adonner à cette passion. Pour sortir cet album je n’avais pas de deadline, donc je n’étais pas stressée pour la sortie. Mais, j’étais angoissée car je voulais un album hyper raccord avec moi. Je voulais présenter un travail personnel donc j’ai pris le temps de le défendre.

 

Quels sont les influences de votre album ?

C’est tout ce que j’ai pu écouter étant ado : Mozart, Bernard Lavilliers, Julien Clerc, les Pink Floyd, les Beatles, les Stones… De la variété française à la pop anglo-saxonne. J’aime beaucoup Fiona Apple, elle a une voix qui me trouble et maîtrise parfaitement le piano. Pour ce qui est de la chanson française j’aime beaucoup Jean-Louis Aubert, Camille, Vanessa Paradis, Camélia Jordana, Elodie Frégé. J’ai des goûts très éclectiques. Je suis aussi sensible à l’électro. Mon album a des influences folk et calme, c’est un appel de pied à des sons plus rock.

 

Ours signe votre titre « Ça dépend » et Francis Cabrel « Ou il pleuvra », c’est vous qui avez sollicité ces artistes ?

Ce sont vraiment deux coups de chance. J’ai fait écouter mon travail à une personne d’une maison de disque et m’a conseillé de rencontrer Ours. Par la suite j’ai appris que c’était le fils d’Alain Souchon. Ce fut un vrai coup de foudre amical, de là est né la chanson « Ça dépend ». J’ai adoré son premier album, et j’étais sensible à son univers, il m’a donc proposé cette chanson qui était vraiment raccord avec ce que j’avais envie de raconter : quelque chose de léger, de sautillant et de frais.
C’est aux enfoirés que Francis Cabrel m’a demandé des nouvelles de mon album et m’a proposé un texte. Ensuite avec mon bassiste on a écrit le couplet.

 

Ferez-vous encore partie cette année de la troupe des enfoirés ? 

Oui, bien sûr. Je participerai à toutes les dates à Lyon.

 

Vous êtes aussi la marraine de la Fondation de Nicolas Hulot et de SOS Grand Blanc (pour la protection du requin blanc) est-ce important pour vous de soutenir ces différentes causes ?

Oui, c’est important. Il y a quelques années, je me suis lancée dans ce parrainage pour une campagne sur la biodiversité. A l’époque c’était important de sensibiliser les gens. Il y a une urgence écologique importante, donc je trouvais ça bien d’utiliser ma lumière pour délivrer ce message important. Maintenant, j’ai changé de point de vue en ce qui concerne la participation des peoples à la sensibilisation. Ça ne sert plus à rien de s’adresser aux gens car ils sont au courant. Il faut donc passer à l’étape supérieure: agir par des gestes au quotidien pour inverser le cours des choses. Il faut laisser la place au spécialiste maintenant. Mais ça reste quand même une cause chère à mon cœur.

 

claire keim

 

Le titre « La ou il pleuvra » se termine avec : « c’est comme ça » et, « ce matin » avec : « ce matin il n’y a plus rien mais tout va bien. » Dans votre quotidien, vous restez optimiste quoi qu’il arrive ?

J’essaie d’être optimiste, de toujours avoir la petite lumière qui reste allumée. Tout n’est pas foutu, il y a toujours une possibilité. Je n’ai pas trouvé d’autre moyen dans la vie pour avancer. Je suis tellement reconnaissante de ce qu’elle m’a apporté, donc je n’ai pas le droit de perdre espoir. La vie a été très généreuse avec moi.
Dans une chanson je dis qu’il ne reste plus rien car il est parti, toute ma vie est donc bouleversée mais tout va bien, je suis vivante et demain il y aura un autre matin. J’ai cette attitude par rapport à la vie en général. Par exemple, en écologie, on va droit dans le mur, mais tout n’est pas foutu.

 

Dans votre chanson « on sait ce qu’on perd » :« Tu replonges dans les années. Et au fond de toi un tu as des regrets. Autant de pages à tourner ». Quels sont vos regrets ?

Je n’ai pas vraiment de regrets. C’est suite à une discussion avec ma cousine que j’ai trouvé les paroles de cette belle chanson au thème assez répandu. On connaît la valeur du bonheur que lorsqu’on a perdu quelque chose. On ne se rend pas compte de la beauté du monde. Il y a dans cette chanson un coté combatif et qui ne s’adonne pas au drame, où l’on peut aller dans la profondeur et la douleur sans y rester trop longtemps. Je parle de la perte de l’amour mais aussi de perdre ses clefs : d’une chose extrêmement profonde et d’un autre plus légère.

 

Dans « Pommes flashées », vous dites : « Tu m’étonnes c’est du scoop, ça cartonne ».
Que pensez-vous de l’importance que les médias apportent au scoop ?

Nous sommes en ce moment dans une période étonnante. Toutes les frontières sont tombées avec l’ère d’internet, l’information immédiate est non vérifiée, ce sont des moments d’extrême exposition de la vie privée, du succès, des échecs…

 

Que pensez-vous des médias people, qui n’hésitent pas à dévoiler la vie privé des personnalités ?

A l’époque dans laquelle on vit. On ne peut pas lutter donc il faut accepter et tout faire pour s’en protéger. Je ne peux pas trouver l’épanouissement en me surexposant moi-même et en étant témoin de tout ça. D’un côté ça m’amuse mais de l’autre, ça me fais peur. 
Généralement si je suis dans un magazine, on me prévient. Je n’habite pas à Paris donc ça change beaucoup de choses. J’ai une vie normale, je ne suis pas toute l’année sous le regard des gens et du microcosme parisien friand de scoop et de buzz. Je ne vis pas en mode gossip. Je ne suis pas connectée sur twitter et sur facebook. Je ne suis pas dans ce truc de l’immédiateté. J’ai un rythme de vie plus lent, le fait de ne pas habiter à Paris donc je vis moins dans une course effrénée.

 

Comment se passe la rencontre avec votre public lors de votre tournée qui va bientôt s’achever ?

Il ne me reste plus que 2 dates de concert. C’est terrible, je n’ai pas envie que ça s’arrête. C’est tellement génial. En commençant la tournée, je ne savais pas qui viendrait me voir. Certains viennent car ils me connaissent en tant qu’actrice et ils veulent découvrir la chanteuse. Je vous avoue que c’est merveilleux. Je suis toujours dans le même état au début du concert, impressionnée et au fur et a mesure que le concert se déroule, mon set se dirige pas à pas vers du rock et un son plus animé. Les gens me regardent, me sourient, c’est un truc de fou, c’est un rêve. C’est pour toutes ces raisons que je fais de la musique : c’est un vrai moment de partage avec les gens.

 

Pourquoi avoir annulé votre de date de concert à Nancy le 18 novembre ?

Le loueur de la salle a eu peur car toutes les places n’étaient pas vendues. Normalement il doit être reporté, j’espère vraiment que ce n’est que partie remise.

 

Quelle est la différence entre votre carrière de comédienne et celle de chanteuse ? 

On ne peut pas comparer, se sont deux disciplines vraiment différentes. Honnêtement, la vie de chanteuse est plus proche de moi car ce sont mes textes, mes musiques… Pour la promo, c’est moi qui suis en première ligne. Parfois, j’ai l’impression de vivre les choses de façon plus profonde en tant que chanteuse, j’ai moins de barrières entre ce que je présente et ce que je suis.. Je m’investis moins dans le métier d’actrice car c’est le projet d’une autre personne que je défends.

 

Comptez-vous mener les deux carrières ? 

C’est mon souhait. Mais c’est le public qui va décider de mon avenir de chanteuse. Il faut avoir du succès pour concrétiser mes projets. J’essaie de me perfectionner et de présenter un travail honnête. Mon album est sincère donc j’espère que ça va continuer.


                                                                                            Marion Gatinel

9 janvier 2013

INTERVIEW LUC BESSON [ NOVEMBRE 2011 ]

Luc Besson à Nancy pour parler de sa lady

Luc Besson était à Nancy pour rencontrer les étudiants de Sciences-Po et de l’IECA (Institut Européen du Cinéma et d’Audiovisuel). Il a répondu à toutes leurs questions portant sur son dernier film The Lady, l’histoire d’amour difficile entre Aung San Suu Kyi, la pionnière du mouvement démocratique birman, et son mari dans un pays où règne l’inhumanité d’une junte politique toujours en place.

luc besson

 

Comment vous est venue l’idée de ce film ?

C’est avant tout une grande histoire d’amour sur un fond politique. Elle a tenu grâce à un homme : son mari. On peut donc entrevoir une définition incroyable de l’amour. Elle aussi participe à l’évolution et la démocratie de son pays, ce qui n’est pas rien. C’est ainsi que l’on se rend compte de la force de l’amour, car c’est bien ça qui fait tenir Aung San Suu Kyi. D’ailleurs, on peut noter que les militaires sont terrorisés par cette femme qui dégage une force incroyable. 

 

Comment avez-vous fait pour filmer en Birmanie malgré le contexte politique dangereux ?

On est allé tourner des plans volés avant qu’il [le gouvernement] n’est eu vent du film. Trois équipes de deux personnes, pour en tirer plus de 17 heures de rush. A un moment, j’avais un militaire à côté de moi, mais il ne s’est même pas rendu compte que je filmais. Pour moi, c’était important de filmer les paysages birmans même s’ils sont similaires à ceux en Thaïlande. D’ailleurs, l’association birmane nous a beaucoup aidés pour le film. En le regardant la première fois, beaucoup de ses membres ont pleuré dès la première image, car c’était la première fois qu’ils voyaient leur pays sur grand écran.

 

Est-ce que les acteurs connaissaient l’histoire de Aung San Suu Kyi, l’héroïne du film ?

Ils ne connaissaient que 10% de son histoire : son prix Nobel, sa vie pour un pays libre et démocratique… On l’appelle Aung San Suu Kyi pour « orchidée d’acier », car elle tient tête aux militaires. La question que je me suis posé c’est : comment devient-on aussi dure et comment fait-elle pour tenir ? C’est surtout pour l’amour de son pays, son mari et ses enfants. Je voulais donc lui rendre hommage à travers ce film. De plus, ce qui est intéressant, c’est que la Birmanie est un des seuls pays en voie de démocratie épargné par des violences. Pour le moment, aucun pays n’a obtenu la démocratie sans violence. Si cette femme y parvient, alors ce sera une grande victoire pour nous tous.

 

Est-ce que vous avez rencontré Aung San Suu Kyi ?

Trois semaines après sa libération, je l’ai rencontré. Elle n’a pas lu le script et elle n’a jamais vu le film. Sa position est claire : elle n’a pas participé au film. C’est très important pour sa sécurité.

 

Si vous l’aviez rencontré avant, quelle question lui auriez-vous posé ?

Je lui aurai demandé comment ça s’est passé à Danoubiou ? Car elle a dit à ses hommes de rester et elle a traversé une barrière de flingues. Mais nous n’avons jamais rencontré un témoin de cette scène. De plus sur Google maps, la ville est floutée, ce qui rendait nos recherches plus difficiles. J’ai donc essayé de croiser des textes pour être au plus près de la réalité. J’étais un peu frustré car je savais juste qu’il y avait une dizaine de soldats, le reste restait flou.

 

Comment avez-vous fait pour retranscrire son histoire de la manière la plus juste possible ?

On s’est inspiré de témoignages de personnes la connaissant. Le problème est qu’il y en a qui ne l’avaient pas vu depuis douze ans. L’association birmane nous a donc aidés en nous procurant plus de 200 heures de rush. On a croisé les informations pour voir sur quoi on pouvait s’appuyer. Par exemple, dans le film, la maison de Aung San Suu Kyi est la même : elle a les mêmes dimensions et le piano est de la même marque… On s’est appuyé sur Google maps pour reconstituer le plus fidèlement possible sa maison et les alentours.

 

Comment faites-vous pour sélectionner telle ou telle scène ?

Ça vient avec l’expérience et le temps. Avec le temps on mesure, on gagne en efficacité et en compréhension. Même si l’on est toujours attaché à ce que l’on produit, il faut réussir à se détacher. Il faut voir les plans comme une matière brut à travailler. On est notre seule guide, on doit se demander si c’est mieux ou non. Le mieux est de montrer le film à des personnes. Cela nous permet de voir une autre réalité du film à travers le regard d’un spectateur. Si la personne nous dit qu’elle s’est embêtée au début du film, alors il faudra retravailler cette partie. Surtout quand plusieurs personnes te disent la même chose, sur le même passage.

C’est au festival de Toronto que j’ai fait ma première projection. A la suite de cette projection, j’ai coupé douze minutes du film, pourtant j’ai eu une standing ovation mais j’ai senti que par moment ça bougeait dans la salle, que les spectateurs parlaient durant certaines et pas les autres… Ensuite, j’ai refait une projection à Los Angeles. Sûrement une de mes plus belles projections. 1200 personnes qui n’ont pas bougé ni mangé de pop-corn pendant deux heures. C’était une très belle soirée. C’est là que je me suis rendu compte que j’avais bien fait de couper douze minutes.

 

Est-ce une difficulté de faire jouer des acteurs non professionnels ?

Les acteurs non professionnels amènent une vérité. Ils sont naturels. Nous devons nous adapter et pas l’inverse. Certains n’avaient jamais vu de caméra. Donc c’est autre chose. On ne travaille pas de la même façon que s’il s’agissait d’acteurs professionnels.

 

Pour vous, l’émotion durant le visionnage d’un film est-il important ?

Personnellement, j’ai beaucoup pleuré en lisant le script, car ça me touche, c’est ma sensibilité. Je trouve qu’en vieillissant on devient plus sensible. Quand on est jeune, on veut paraître plus dur et on met de côté ce genre d’émotion. Le cinéma et la musique sont un vrai spectacle émotionnel.

 

Questions posées par les étudiants de l’IECA
Propos recueillis par Marion Gatinel

9 janvier 2013

INTERVIEW BRIGITTE [ NOVEMBRE 2011 ]

« Un mélange de robes à paillettes et de guitares »

Dans le cadre de Nancy Jazz Pulsations (NJP), le groupe Brigitte nous a accueillis avant son concert au Hublot le 12 octobre. Composé de Aurélie Maggiori et Sylvie Hoarau, Brigitte nous raconte leur rencontre ainsi que l’histoire de leur premier album : Et vous ? Tu m’aimes ?

brigitte

 

Comment avez-vous formé Brigitte ?

On était arrivé à des moments charnières de nos vies. On aurait pu arrêter de faire de la musique car nos expériences passées n’avaient pas été très nourrissantes et accomplies. On en était là, mais on n’avait pas encore réalisé ce qu’on avait toujours voulu faire et on s’est retrouvé sur le chemin en même temps à vivre et ressentir la même chose : la maternité, le couple, les échecs, ce parcours, cet amour de la musique… On ne savait pas faire non plus autre chose que ça. On s’est proposé ça comme une demande en mariage. Aujourd’hui, on ne sait pas ce qui va se passer, on est ensemble et on verra. On construit, on écrit, c’est notre seul moteur. Brigitte c’est aussi le nom d’un groupe, composé de deux femmes qui sont différentes. On a construit ce projet toutes les deux en se rendant compte qu’on aimait beaucoup de choses l’une et l’autre, qu’on avait des désirs semblables de liberté, de mélange de genres. On a un parcours similaire et une sensibilité commune.

 

Pourquoi un premier album au titre : Et vous ? Tu m’aimes ? 

Le vouvoiement et le tutoiement c’est ambigu. La séduction c’est entre la canaille et un langage plus châtié, on s’amuse, c’est cohérent avec tout ce qu’on fait. Cette phrase « Et vous ? Tu m’aimes », c’est sorti comme ça. C’est un mélange de styles musicaux, de vocabulaire, de différentes formes de langage, un mélange de robes à paillettes et de guitares modernes. C’est un album qui parle. On peint différents portraits de femmes qui peuvent être totalement contradictoires et, justement, n’est-ce pas le propre d’une femme d’être plurielle, pleine de paradoxe ?

 

Quelles sont les influences de votre album ?

C’est un peu tout ce qu’on a écouté dans notre vie : dans notre enfance, dans notre adolescence et dans notre vie de musicienne……Par exemple, Dana Summer, Arcade Fire, Radio Head, Marilyn Monroe, Tchaikovsky nous ont inspirées. Mais aussi nos vies, nos personnalités. On s’enrichit : film, expo, rencontres, discussions… On exprime tout simplement en musique ce que l’on est.

 

Brigitte, c’est un look rétro et un univers à part entière ?

Sur scène on est une exagération de ce qu’on est dans la vie de tous les jours. On s’est défoulé, on a mis tous nos désirs, nos contradictions, nos fantasmes, nos expériences dans la musique. Quand on a pensé à la scène, on a continué à se raconter des films : porter des robes longues à paillettes comme deux petites filles qui se disent : «  quand je serai grande je ferai vraiment ce que j’ai envie ». C’est plus intéressant et riche de chanter à deux.

 

Pourquoi avoir repris « Ma benz » de NTM ?

On nous avait demandé une chanson érotique et on a décidé de faire cette reprise. On trouvait cette chanson très sexy. La musique est tellement sensuelle, hyper sexuelle : ça nous fait de l’effet. Ce n’est pas pour dire quelque chose, c’est du pur plaisir, on l’a fait parce qu’on l’aimait. Après dans tous nos choix, il y a une cohérence. On n’a pas choisi cette chanson par hasard, ça été fait très librement.

 

Avez-vous eu un retour positif de Joey Star ?

Oui, il est monté sur scène avec nous cet été : c’était un moment unique.  Il a beaucoup apprécié notre reprise. Notre rencontre a été très émouvante : il a été flatté, c’est surréaliste car c’est nous qui étions impressionnées.  

 

Comment ça se passe de travailler en binôme ?

C’est plus facile que d’être seul, il y a un dialogue, on avance. Là on se pose des questions ensemble, on y répond, on se motive, on se surprend, on va là où l’on n’avait pas imaginé aller car l’autre a une vision différente des choses et c’est enrichissant.

                                                                                                                                                                   Marion Gatinel

9 janvier 2013

INTERVIEW LES FATALS PICARDS [ AVRIL 2011 ]

Les Fatals Picards font leur "Coming Out"

Les Fatals Picards, groupe français à l'énergie rock composé de 4 musiciens, sortent leur quatrième album« Coming Out » . C'est lors de leur concert à L'Autre Canal que le NJJ a pu les rencontrer.

Les-Fatals-Picards-Coming-Out

 

Pourquoi avoir choisi la chanson « Coming Out » comme titre d’album ?

C'est le seul titre anglais de l'album donc on s’est dit que ça pouvait être sympa. Coming Out c’est aussi sortir du placard et on a envie de sortir des placards dans lesquels on nous a mis et qui ne sont pas les nôtres.

 

Comment s’est déroulée l’écriture de l’album ? 

Avec un stylo (rires). La plupart des textes ont été écrits par Laurent, le guitariste. Ensuite, on se fait passer les textes et on regarde ce qui nous plait. Yves nous prépare des maquettes et nous fait des propositions. Après on part en studio. On travaille toujours dans l'urgence, il faut qu'on ait cette pression d'avoir de la matière car on est toujours en tournée, on ne s'arrête jamais.

 

Dans votre clip on peut voir Armande Altaï et Dave, pourquoi ce choix ?

Ils ont accepté de venir tout de suite, c'était un plaisir de les rencontrer. On s'est dit que ce serait pas mal d'avoir des peoples dans notre clip. Et pour jouer le rôle d'un père homophobe, on trouvait ça bien de prendre un homosexuel, donc Dave s'est imposé de lui-même. Ensuite, Armande Altai a adhéré au projet.

 

La pochette de votre album montre une femme torse nue… Vous aimez le côté provoc' ?

 C'est un petit clin d'oeil, c'est juste pour l'image et le côté rigolo.

 

Pour vous, choisir des paroles comiques fait passer un message plus facilement notamment dans vos paroles à visée politique ? 

Oui, on se retrouve dans l'humour. On pense que le premier degré en politique fait passer le message beaucoup plus facilement. De manière décalée on passe un message, comme dans la chanson du "Petit Nicolas", mais ce n'est pas une critique ouverte.

 

Comment définiriez-vous votre style de musique ? 

On a l’énergie du rock pour tous les styles interprétés et une priorité est accordée aux textes au départ de la chanson.

 

Que vous a apporté votre participation à l’Eurovision 2007 ?

Un peu plus de notoriété et ça nous a ouvert certaines portes.

 

La chanson « L’amour à la française » est en franglais, vous aimez ce côté original ?

Oui, c'est rigolo et c'est un choix de perdre un peu plus les gens, c'est le décalage Fatals Picards.

 

Quelles sont vos découvertes musicales du moment ? 

L'album de Mademoiselle K, celui de Bernard Lavilliers Causes perdues et musiques tropicales et on attend avec impatience l'album de Louis Bertignac.

 

Marion Gatinel

 

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9 janvier 2013

INTERVIEW DUB INCORPORATION [ FÉVRIER 2011 ]

Dub Incorporation : Des vibes « Hors Contrôle »

Le 4ème album de Dub Incorporation, « Hors Contrôle » a été présenté en avant-première aux Francofolies de la Rochelle le 26 juillet 2010. Depuis, il parcourt les routes avec un album haut en couleur et c’est lors de leur concert du 9 février à l’Autre Canal que je les ai rencontré.

Dub+Incorporation+Dub_Inc

 

Comment vous êtes-vous rencontré ?

Nous étions potes et on jouait tous dans un groupe différent. Saint-Etienne n’est pas une grande ville donc on s’est vite trouvé étant donné qu’on aimait tous le reggae.

 

Comment gérez-vous vos différentes envies musicales ?

Nous respectons les goûts de chacun  s’ouvrant à leurs différentes influences et en regroupant tout ça autour du reggae. Notre lien, c’est la musique jamaïquaine.

 

Pourquoi « Hors contrôle » comme nom d’album ?

On veut exprimer le fait d’être hors contrôle. Notre leit motiv est de faire le plus de choses par nous-même. On est indépendant depuis le début et on porte fièrement cette satisfaction. Nous ne sommes pas suivi par les médias ni par les pros. C’est nous qui gérons notre tournée, la sortie du disque… Notre fonctionnement est basé sur la participation de chacun.

 

Les paroles de vos chansons sont engagées, quel message voulez-vous faire passer ?

On parle de la société actuelle en général. Le gouvernement ne nous satisfait pas, on perd de plus en plus nos acquis sociaux. Dans l’album précédent, on parle des relations France/Afrique car ce sont des choses qui nous entourent. Notre but est de motiver les gens à faire différentes actions et à se bouger grâce à notre musique.

 

Vous soutenez l’association « Survie », pourquoi ?

Survie est une association qui nous intéresse beaucoup par le fond du message qu’elle envoie. Elle dénonce des choses dont on parle : l’esclavage, les conditions de vie ainsi que les lobbies en Afrique. On invite donc l’association à tenir un stand lors de nos concerts mais on participe aussi à d’autres actions moins médiatiques.

 

Ça vous plait de collaborer avec d’autres artistes notamment par le biais de featuring ?

Oui, on aime partager nos musiques avec différents artistes. C’est à l’image du groupe, on prend les influences de chacun pour créer une musique riche.

 

Pourquoi être revenu aux sons du 1er album ?

L’album « Afrikya » se lâche sur la world music, on est allé plus loin dans nos influences. On est parti en Jamaïque pendant deux semaines donc on est reparti sur l’essentiel d’avant.  La musique c’est avant tout du plaisir avant d’être une contrainte.

 

Dub Incorporation s’exporte bien…

En 2005, on a fait une tournée en Allemagne. On fait le même spectacle qu’en France, on parle juste en anglais entre les morceaux car la musique c’est aussi un langage. On a fait aussi des concerts au Portugal, en Grèce, au Canada, aux Etats-Unis…

 

Qui aimez-vous écouter en ce moment ?

Tarrus Riley et Damian Marley ;

 

Marion Gatinel

9 janvier 2013

INTERVIEW MADEMOISELLE K [ FÉVRIER 2011 ]

"Le plaisir avant tout"

Mademoiselle K débute sa tournée à l’Autre Canal avec « Jouer dehors » son 4ème album aux influences rock.

mademoiselle k

 

A quel moment avait-vous eu envie de faire de la musique? 

A l’âge de 8 ans en faisant de la guitare classique. A l’adolescence je me suis dit : « c’est vraiment ça que je veux  faire dans la vie»  grâce entre autre, à une prof de musique du lycée qui m’a encouragée en me disant : « vas-y fonce, on n’a qu’une vie » et c’est alors que j’ai commencé à écrire des textes et à les mettre en musique. Plus tard, j’ai eu la chance de rencontré un groupe avec qui j’ai fait une maquette ça m’a donnée envie de me produire dans les bars et c’est ainsi que je me suis fait repérée en 2005 par un manager qui m’a ensuite aidée à démarcher les maisons de disques.

 

Pourquoi « Jouer dehors » comme nom d’album ?

C’est un titre léger, joueur et ouvert. J’ai décidé de m’ouvrir un peu plus aux autres, de regarder ce qui se passe autour pour voir comment vivent les gens. Cet album reflète donc ma façon de voir le monde. Pour moi, le côté joueur est important surtout dans le contexte de « crise » actuel, il permet de s’extirper de l’ambiance plombée.

 

Que représente la pochette de l’album ?

Je laisse à chacun le pouvoir de laisser court à son imagination pour interpréter cette photo.
Il s’agit d’une mise en scène. La pomme et les flèches peuvent aussi bien faire penser à Guillaume Tel qu’à Desperate Housewives en passant par l’image symbolique d’Adam et Eve.

 

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour écrire cet album ?

Le monde qui m’entoure, les gens, leurs comportements…

 

« Y’a tellement de faux amis ; faux-culs faussement gentils » parole de votre chanson « Jouer Dehors ». Pensez-vous que votre célébrité a renforcée l’hypocrisie du monde qui vous entoure ?

Oui, beaucoup me connaisse sous le nom de Mademoiselle K et si je n’étais pas connu ces personnes-là ne m’interpelleraient pas, ne me regarderaient même pas. En écrivant cette chanson je me suis mis à la place de monsieur et madame tout le monde pour décrire la société dans laquelle on vie.

 

Quelles sont vos influences musicales ?

J’aime aussi bien la soul de Marvin Gaye que le glam rock de David Bowie. J’écoute « Combat Rock » des Clash en vinyle car c’est un bel objet qui permet un son brut et chaleureux différent des CDs et MP3. Le groupe Arcade Fire est également un modèle pour moi, Il dégage un lien fort humainement et musicalement.

 

Quelles évolutions avez-vous faites par rapport aux précédents albums ?

Comme pour l’album « ça me vexe » j’ai écrit et composé celui-ci seule. Je peaufine la composition et les arrangements avant de travailler avec mon groupe. Cela nous a permis d’aller plus loin, mais malgré le double de travail on a eu que du plaisir. La musique doit avant tout raconter une histoire et c’est plus évident pour moi de le faire seule et de laisser à mes musiciens le temps de se concentrer sur leurs sons.

 

Qu’est-ce que vous préférez le plus dans votre métier ?

Je suis contente de faire des concerts à la vue du public mais aussi d’aller de l’autre côté du rideau pour m’enfermer, être seule, me poser loin du regard des autres.

 

Marion Gatinel

9 janvier 2013

INTERVIEW JOYCE JONATHAN [ OCTOBRE 2010 ]

" QUI NE TENTE RIEN N'A RIEN"


Cette jeune auteur-compositeur-interprète française de 21 ans, produite par le label My Major Company, réalise son rêve de petite fille et continue son joli parcours en tournée.

joyce jonathan

 

 Comment t’est venue l’idée de te faire produire via Internet ?

J’en ai entendu parler et l’idée m’a beaucoup plu, donc j’ai contacté My Major Company. Ils ont écouté mes chansons et ont beaucoup apprécié. Quelques semaines après, j’étais sur le site et les gens ont pu commencer à miser. C’est en cinq mois que j’ai réuni l’argent grâce à 486 producteurs.

 

Le concept t’a plu ? 

L’idée de faire partie des premiers artistes à tester ce concept récent en France, m’a séduite. J’étais sûre que ça marcherait. C’était un bon moyen de rencontrer le public sans devoir sortir mes chansons rapidement. Çà s’est fait en douceur, avec des gens qui venaient se greffer petit à petit au projet. Ça m’a beaucoup aidée. Je suis très reconnaissante envers mes producteurs internautes.

 

Connais-tu tes producteurs internautes ?

Je les rencontre souvent lors des concerts. Michel Denisot est mon producteur et m’a invitée sur le plateau du Grand journal. Dernièrement, je suis allée au cinéma et l’ouvreur m’a demandé, en prenant mon billet, si j’étais la chanteuse Joyce Jonathan. Je lui ai répondu « oui » et il m’a ensuite dit qu’il était l’un de mes producteurs. C’était assez drôle.

 

Comment s’est passée ta rencontre avec Louis Bertignac ?

Çà s’est très bien passé. C’est moi qui l’ai contacté parce que j’aime beaucoup sa sensibilité et tout ce qu’il a pu faire en arrangements sur les disques de Carla Bruni et sur son propre album. J’y suis allée au culot en me disant qui ne tente rien n’a rienIl a écouté mes chansons et comme ça lui parlait, on a commencé à travailler ensemble. Le jour où je l’ai rencontré, on commençait déjà à enregistrer des chansons. J’ai apporté mes chansons guitare/voix, piano/voix et il a apporté les arrangements.

 

Comment t’est venue l’idée de reprendre Sexy Bitch de David Guetta ?

J’ai entendu cette chanson à la radio, à la fin de l’été dernier. En rentrant chez moi, j’ai essayé de refaire les accords. Puisque le thème est osé et que ce sont des paroles que je ne chante pas tous les jours, je trouvais ça marrant de la reprendre et d’aller à l’encontre de l’univers de Guetta. Je l’ai donc enregistrée et le soir même, on est allé tourner un clip avec ma sœur dans les rues de Paris, et on l’a mis sur internet pour rigoler. Il se trouve que David Guetta l’a repris sur son Twitter en disant allez visiter cette vidéo. Il y a donc eu beaucoup de visites.

 

Que pense ta famille de ta carrière musicale ?

Personne dans ma famille ne fait de la musique. Ce ne sont donc pas eux qui m’ont initiée. C’est une envie que j’ai toujours eu et j’ai beaucoup travaillé pour y arriver. Au fil des années, j’ai joué de la guitare, du piano… J’ai gardé le secret de vouloir être chanteuse jusqu’à l’âge de 14 ans. Je l’ai ensuite dit à mes sœurs puis à mes parents. Au début, je ne voulais rien dire à personne et je me débrouillais seule. Aujourd’hui, ils sont fiers de moi et m’aident. Ils me laissent une grande liberté parce qu’ils savent qu’ils peuvent me faire confiance.

 

Pourquoi avoir choisi Sur mes gardes comme nom d’album ? 

Il me correspond vraiment. J’ai cet état d’esprit. Tant que je ne suis pas sûre et certaine de quelque chose, je ne m’emballe pas. Je suis méfiante, ce qui me permet de ne pas être déçue si les choses ne se font pas. Ce titre est important et me tient particulièrement à cœur car je l’ai partagé en duo avec Tété.

 

Tu as aussi fait d’autres duos comme celui avec Benjamin Siksou…

Benjamin est un copain d’enfance. On s’est rencontré à nos cours de chant quand il avait quatorze ans et moi douze. Je m’étais inscrite à ces cours en cachette parce je ne disais à personne que je voulais être chanteuse (tout au moins, jusqu’à mes 14 ans). Benjamin a donc été l’une des premières personnes avec qui j’ai pu partager ma musique. On a été amené à faire des duos, j’ai fait ses premières parties pendant un moment, on se recroise souvent et j’espère que l’on pourra continuer à faire de la musique ensemble.

 

Avec qui aimerais-tu faire ton prochain duo ? 

Ça dépend entre autres de la chanson. Tété est quelqu’un que j’admire. Après avoir écrit Sur mes gardes, j’ai pensé à lui et j’ai ensuite voulu l’enregistrer avec lui. S’il avait refusé, je n’aurais pas fait ce duo. Peut-être qu’une chanson me donnera envie de travailler avec un artiste en particulier ou le hasard me fera faire des rencontres intéressantes. Il y a des artistes comme Paulo Nutini ou M que j’adore, et évidemment je ne refuserai pas un duo avec eux.

 

Où trouves-tu ton inspiration pour écrire tes chansons ?

De mes histoires et de celles des autres. En général, quand j’entends parler plusieurs fois d’une histoire qui aurait pu m’arriver, je me demande pourquoi ça s’est passé ainsi. J’ai l’impression que certains évènements surviennent toujours de la même manière, comme s’il y avait un schéma répétitif. Les mettre en chanson me sert de thérapie.

 

La chanson L’heure avait sonné est passée dans un épisode de Gossip Girl.
Comment s’est passée cette collaboration ? Regardes-tu la série ?

La production de Gossip Girl m’a contactée en me disant qu’elle voulait utiliser ce titre dans l’un des épisodes, pendant une minute trente. Evidemment, j’étais surexcitée et avec la maison de disques on a dit oui tout de suite. Je regarde un peu la série, mais je n’ai pas le temps de regarder tous les épisodes.

 

Quelles sont tes découvertes musicales du moment ?

Hindi Zahra et Julian Perretta.

 

Comment se passe la tournée ?

Un peu fatiguant mais sympa. Je découvre une ambiance et un public différents tous les soirs, mais c’est génial car ça fait longtemps que je rêve de partager mes chansons. J’essaie de donner en live une autre dimension aux chansons. C’est plein de moments hyper sympas. C’est génial de vivre de sa passion et c’est pour moi le plus beau métier du monde.

 

Est-ce que tu continues tes études en parallèle ?

Oui, je suis en fac de psycho mais c’est très compliqué car la tournée prend énormément de temps. On a trois à quatre concerts par semaine et avec les déplacements, je ne suis que deux jours chez moi à Paris. Entre essayer de voir mes proches, aller à la fac et dormir, ça ne me laisse pas beaucoup de temps libre. J’essaie d’aménager comme je peux mon emploi du temps et je bosse les cours chez moi.

 

Si tu avais un conseil à donner aux jeunes qui veulent se lancer dans la musique que leur dirais-tu ?

De nos jours, on sait qu’internet est indispensable donc il faut faire un Myspace, rencontrer des gens et combattre sa timidité pour parler. Je sais que je suis très timide mais ça ne m’a pas empêchée d’aller vers les gens pour leur faire écouter mes chansons.

 

Marion Gatinel

 

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